Tuesday, October 04, 2005

Elections Schmelections: "May the government once again become an area of invention and of decision"

Il surprenait par sa franchise et par son charme, mais plus encore par une énergie singulière, que j'apparentais à une sorte d'enthousiasme révolutionnaire, que ne modérait pas un attachement conservateur aux principes de notre Histoire et de l'Etat. … un calme inédit … [un] sphinx … un manteau de mystères … une mission de la dernière chance … Il entretient avec [ses collaborateurs] un dialogue de chaque instant … parmi lesquels [il] compte de nombreux amis … A chacun, il montre la même détermination, tempérée par la vitesse du sourire et le précis des phrases, sans arrogance. Sa décontraction chaleureuse range prudents et rieurs de son côté. … il était impatient de rencontrer la vérité des Français, et la sienne aussi, face à ce déclin qu'il récuse. …"Que chacun prenne ses responsabilités. Les jeux de rôle ne suffiront pas à nous sortir de la nasse." Il se prépare pour demain et promet des surprises. Il n'oublie pas que ce sont les événements qui emploient les hommes. … [Le marathonien] me confia : "Jamais je n'aurais imaginé que ce à quoi je m'étais préparé toute ma vie soit confronté à un tel choc de la réalité."
Two full pages! Two complete pages in the independent newspaper for "Villepin l'imaginatif", an article which is nothing if not a hagiography to France's prime minister. (The society that sees nothing wrong with allowing a marathon article of unparalleled length to be written by one single admirer who has followed the article's subject for 10 years, is the same society whose members scoff at the American journalists who put their lives at risk by being "embedded" — the charge carries a subtext of prostitution, willing or not — in combat units of the U.S. Army in Iraq.)
…le nouveau Villepin, son obsession de l'emploi, créent la surprise, et les événements semblent s'organiser pour le servir. Il touche les premiers dividendes de sa préparation, de ses méthodes de travail collectif, du style de sa communication (jamais de petites phrases, une conférence de presse mensuelle).
Pearls of wisdom from the "gaulliste ascendant Bonaparte" in the newspaper of reference:
Je lui dis que certains le trouvent un peu... Il m'interrompt : "... Un peu besogneux. Oui, je suis besogneux. Et humble. Je ne veux pas gâcher les deux ans que j'ai devant moi. La démocratie, ce n'est pas attendre sempiternellement les prochaines élections."… Il lève les bras au ciel …"Je voudrais prouver que le pouvoir n'est pas forcément le refuge du cynisme, du scepticisme et de l'inaction." … Les Français, tentés de vivre en arrière, dans une quiétude provinciale, s'enferment avec leurs plaintes, s'adonnent à la peur et au repentir, sans savoir qu'ils sont enviés, leur volonté trébuche. "Notre démocratie est complètement bloquée, dit Villepin. Je ne peux réformer que par surprise, en restant dans l'équilibre, la vraie nature française, dans la justice, qui n'est pas l'égalité, et dans le mouvement. C'est seulement parce que c'est difficile que je peux réussir."
Let's end the article on Nero with five excerpts of note:
Il savoure ce calme sans illusions, s'inquiétant de voir de grands Etats (les Etats-Unis, la Chine, l'Inde, l'Iran) s'organiser pour défendre leurs intérêts nationaux et leur souveraineté, et donne tous ses soins aux concepts de patriotisme économique et de croissance sociale.
Yes, you got that right. The only nation which is not defending its national interests is France. (Or, if you prefer, the only nation whose national interests happen to be in symbiosis with the common good of mankind — where patriotism is a good thing — is la France.)
Quelques vieux kroumirs se montrent alors oublieux des règles de la morale publique. Villepin purge notre diplomatie de ces réseaux parallèles où prospèrent les bacilles de la corruption.
Really? Seems like one germ of corruption that the guardian of public morale seemed to forget to purge France's diplomatic halls of was the Saddam connection. Here, indeed, is how Daniel Rondeau evokes post-911 America and the Iraq crisis, "cette guerre pour la paix":
L'Amérique, traumatisée par le 11-Septembre, cherche à entraîner la communauté internationale dans une embuscade diplomatique à l'ONU contre l'Irak, pays désarmé dont elle prétend qu'il menace la paix mondiale. Le 14 février 2003, Villepin porte la parole française à l'ONU. Son discours est applaudi dans l'enceinte des Nations unies. En France, il provoque un frisson à droite comme à gauche. Le pouvoir est aussi une question d'incarnation. Villepin a incarné, ce jour-là, une certaine idée de la France. En Amérique du Sud, où les télévisions diffusent alors quotidiennement ses interviews en espagnol, dans les pays arabes et musulmans, en Afrique, il est devenu l'homme qui résiste à George W. Bush. Ce sont les événements qui fabriquent les hommes. Villepin est en phase avec l'idée qu'il s'est toujours faite de la vocation universelle de notre pays : il fonce.
Needless to say, a wise and visionary Frenchman "without arrogance" is up to the shenanigans of the Anglo-Saxons, who (because of the innate duplicity of their system, probably) cannot admit that they actually agree, to some degree, with France's ever-wise and humanitarian position.
L'un de ses soucis était alors de garder le contact avec les deux chefs de la diplomatie anglo-saxonne, Jack Straw et Colin Powell, moins éloignés des positions françaises qu'ils ne pouvaient l'avouer. Il arrivait qu'il les rudoie. … Powell vivait alors avec la "tâche" du mensonge sur son uniforme de général. Il encaisse en silence, son interlocuteur éclate de rire.
Finally, Daniel Rondeau not only seems to make a plea against elections, equating democracy with a lethargic "system on its last legs" (!), but finds entirely normal that the admirer of Napoleon bases that vision on the history of the end of communism in Eastern Europe (!!).
Mais le président envisageait de finir son quinquennat avec Raffarin. C'était pour lui un confort politique et personnel. Par qui voudriez-vous le remplacer, disaient ses interlocuteurs (dont Alain Juppé) ? Villepin ? Votre ancien secrétaire général ? Surtout pas. La politique est un métier et, au coeur de ce métier, il y a l'élection.

Villepin lui a forcé la main. Un soir de l'été 2004, chez Claude Perdriel, industriel et homme de presse, la précision de ces phrases vaut condamnation d'un système à bout de souffle : "Regardons les pays qui sortent de soixante-dix ans de communisme ! Pour la première fois depuis longtemps, ils ont le sentiment d'avoir rendez-vous avec l'Histoire. Quittons notre léthargie ! Et que le pouvoir redevienne un espace d'invention et de décision."

"May the government once again become an area of invention and of decision"! The French never seem to wonder how their view of their leaders (and of the world and of history, domestic and international) are seen abroad (in America or elsewhere), taking it for granted that their self-serving views are shared throughout the globe (at least, by the avant-garde bien-pensants). (Here, for the record, is a different view of Dominique de Villepin and French diplomacy.)