Tuesday, December 27, 2011

Raúl & Fidel: The Tyranny of the Enemy Brothers

Several books about the Castro brothers have been published in the past year, including one by the Cuban liders' own sister and one by Cuban émigré and specialist Jacobo Machover. We learn in Raúl & Fidel: The Tyranny of the Enemy Brothers that, as the title suggests, the two Castros are basically totally opposites, although they — obviously — work together and it could never have worked out any other way.

According to Martine Jacot's Le Monde book review, "Jacobo Machover points out everything that differentiates the two brothers and that has been doing so since their earliest childhood, even though they form a duo that is as inseparable as it is complementary."
Pour soulager la population, Raul voulait rouvrir les marchés paysans ; Fidel s'y opposait. A l'issue d'une discussion orageuse de plusieurs heures dans le bureau du Lider Maximo, d'où fusaient les éclats de voix, Raul obtint finalement gain de cause.

Pour avoir osé aborder les relations entre les frères Castro - secret d'Etat au même titre que la santé de chacun d'eux - Fernando Ravsberg faillit être expulsé de Cuba. Sermonné par Fidel dans les Réflexions qu'il publiait, le journaliste fit amende honorable sur son blog, où il écrivit : "Il n'y a pas de différences entre Raul et Fidel."

"Cubanologue" méticuleux depuis de nombreuses années - et anticastriste affiché -, Jacobo Machover souligne au contraire dans son livre tout ce qui différencie les deux frères depuis leur plus tendre enfance, bien qu'ils forment à la vie à la mort un duo aussi inséparable que complémentaire. Raul n'a jamais eu ni l'envergure intellectuelle, ni la faconde, ni l'habileté politique de Fidel, de cinq ans son aîné. Mais le cadet, organisateur, pragmatique, impitoyable à l'égard de tous les opposants, a permis au "Commandante" de briller de tous ses feux de chef révolutionnaire charismatique, et à son régime de survivre contre vents et marées depuis 1959.

On en apprend davantage sur Raul, dans cet ouvrage documenté, que sur Fidel. Quoi qu'en ait dit plus tard le Lider Maximo, dont le programme était assez confus lorsqu'il est entré en lutte contre la dictature de Batista, c'est Raul, adhérent du Parti communiste dès 1953 (à 22 ans), qui a fini par structurer la pensée désordonnée de son frère. Celui-ci n'embrassa le marxisme-léninisme qu'en 1961. Ernesto Guevara l'y a aidé, qui vénérait Staline (il a signé certaines lettres à sa famille "Staline II"). Fidel, lui, voulait avant tout le pouvoir, un pouvoir total.

Dans la Sierra Maestra, les "barbudos" définissent leur conception d'une "justice révolutionnaire" qui va confiner à la terreur, tranche l'auteur. Raul organisera l'exécution sommaire de dizaines de prisonniers, sans y assister, laissant ce soin au Che.

… Les temps ont changé, même à Cuba, où un moratoire sur les exécutions des condamnés à mort est en vigueur depuis 2003, réaffirmé par Raul en 2008. Toujours pragmatique, le cadet des Castro a converti ses généraux à la gestion, l'armée ayant fait main basse sur l'économie. Tandis que son frère s'efface peu à peu de la scène publique, le président cubain "décollectivise" l'île depuis trois ans. Avec des limites. Jacobo Machover, de même que la plupart des autres "cubanologues" l'affirment : Raul Castro ne sera pas le Gorbatchev de Cuba.